Le mandrill

 

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Un prof devient dingue à force d’être confronté à l’hyper sexualisation de ses jeunes élèves…

 

La jeune élève se tenait debout au tableau, travaillant à la résolution d’un  problème de mathématiques. Sur la gauche, le professeur bandait ferme. Les petites fesses comprimées dans un jean ultra moulant le laissaient songeur. Rien à voir avec le gros cul cellulitique de sa femme.

René Dubs enseignait dans le même lycée depuis vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans qu’il reluquait avec une acuité professorale les longs cheveux soyeux tombant sur les épaules menues, les poitrines juvéniles bombant les fins débardeurs, les fines cuisses au galbe parfait. Vingt-cinq ans qu’il mettait des slips serrés pour dissimuler son barreau.

Au fil des années, il avait vu les modes évoluer, de nouveaux instruments de torture apparaître. Comme ce jean délavé dont les poches à boutons mettaient en valeur le cul même le moins appétissant. Les jeunes filles portaient des tenues toujours plus sexy, toujours plus provocantes. Les corps devenaient plus désirables habillés que nus. La tendance actuelle était de laisser dépasser ostensiblement le string hors du pantalon, sur les hanches. De quoi faire bander un mort.

Quand René Dubs pensait qu’à la maison l’attendaient sa rombière décatie et son mouflet braillard, il avait tout simplement envie de dégueuler.

La sonnerie retentit, le tirant de sa rêverie. Les élèves commençaient à ranger leurs affaires, certains se précipitaient déjà vers la sortie. La jeune fille venait juste de terminer l’exercice au tableau.

- Que le dernier sorti ferme la porte derrière lui ! Mademoiselle Durieux, avant que vous vous en alliez, j’aimerais vous parler un instant, s’il vous plaît.

La salle de classe était maintenant vide, hormis le professeur et la lycéenne.

- Voilà, mademoiselle Durieux, vous êtes une bonne élève…

- Merci, monsieur.

La jeune fille regardait le professeur droit dans les yeux. Celui-ci était tétanisé. Cette mince bouche incarnat, cette peau fraîche, cette lueur coquine dans le regard…

- Je ne sais pas comment vous dire ça…

Une grosse goutte de sueur perlait sur son front dégarni.

- C’EST POUR M’EXCITER QUE TU METS TOUT LE TEMPS DES STRINGS ? AVOUE !

- Pardon ? Qu’est-ce qui vous prend, monsieur ?

- Tu as bien entendu ! J’en ai RAS LA CASQUETTE ! JE BANDE, tu comprends ? Je bande TOUTE LA SAINTE JOURNEE ! Quand je suis assis à mon bureau, ma queue cogne contre le bois ! Tes petites putes de copines et toi me rendez DINGUE !

Effrayée, l’adolescente tourna le dos pour partir. Le professeur lui empoigna le bras.

- Attends, catin !

*

Un dimanche, la femme de René Dubs avait voulu aller au zoo. Il détestait les zoos, voir tous ces animaux enfermés le déprimait, mais elle l’avait tant seriné qu’il avait fini par capituler.

C’était un grand zoo. Ils avaient vu toutes sortes d’animaux. Des zèbres, un ours, un couple de tigres, des perroquets.

René Dubs s’ennuyait jusqu’au moment où, au détour d’une allée, un gros singe au faciès incroyable avait attiré son attention. René Dubs était tombé en admiration.

En disproportion avec le corps, la tête du primate explosait littéralement de couleurs. Des petits yeux dorés et intelligents brillaient au-dessus de deux longs bourrelets osseux d’un bleu mat encadrant un nez rouge vif. Une barbe jaune rehaussait encore cette gueule flamboyante. La virilité de son maintien ne laissait aucun doute sur le sexe du singe, de même que l’important outil qu’il avait entre les pattes arrières. Le reste de la population de la cage se composait d’individus beaucoup plus petits et beaucoup moins colorés, apparemment des femelles et des jeunes mâles. Ils paraissaient ternes et rabougris en comparaison de l’imposant mâle. Celui-ci déambulait à quatre pattes, remuant son arrière-train mauve, le poitrail bombé, la tête haute, sans un regard pour ses congénères qui s’écartaient avec respect et crainte sur son passage. Un roi dans son royaume.

Le panneau planté devant la cage disait :

Mandrill

Mandrillus sphinx

 Le mandrill mâle est le plus haut de tous les babouins avec ses 60 cm au garrot. La femelle mesure un tiers de la taille du mâle et sa face est bien moins colorée.

Le mandrill vit en bandes dans les forêts pluviales africaines où il se tient la plupart du temps au sol.

Les mandrills vivent en groupes mixtes extrêmement hiérarchisés. Un mâle dominant s’y accouple avec les femelles et engendre tous les petits. Ses couleurs annoncent aux femelles sa qualité de mâle et proclament sa virilité. Les autres mâles lui sont subordonnés.

Fasciné, René Dubs avait passé le reste de l’après-midi à observer les mandrills. Un moment, le mâle dominant s’est approché nonchalamment d’un de ses congénères, visiblement une femelle, qui se désaltérait, penchée au-dessus d’une sorte d’abreuvoir. La jeune mandrill avait la taille et les membres déliés, un visage presque humain, sensuel. Elle dégageait une fragilité et une grâce vraiment féminines. Le gros babouin coloré l’a enfourchée par derrière sans cérémonie. La jolie petite femelle a courbé l’échine, soumise. Plus rien n’a bougé dans la cage, le silence s’est fait. René Dubs s’est mis à bander. Toute l’attention était braquée sur la scène qui se déroulait près du point d’eau. L’énorme mâle a tringlé la jeune femelle pendant que les autres mâles regardaient les yeux grands ouverts. Ce jour là, René Dubs a envié le mandrill.

*

- Lâchez-moi ! Vous me faîtes mal !

René Dubs serrait le bras ténu de la jeune fille. Le contact de ses doigts épais sur cette peau délicatement veloutée l’excitait outre mesure. En une fraction de seconde, il attira l’adolescente à lui, plaqua sa main libre sur la bouche innocente.

Il pressait le frêle corps contre lui, fermant ses bras comme un étau. Elle se débattait, le petit cul s’agitait contre son membre raide, mais il était bien plus fort qu’elle. Il l’aplatit sur le bureau, descendit sa braguette, sortit sa queue chargée d’électricité.

- Tu ne perds rien pour attendre ! Je vais t’apprendre à m’allumer ! Tu vas payer pour les autres, CHIENNE !

Une main toujours sur le visage séraphique, il déboutonna le jean de l’adolescente, l’abaissa. La bave aux lèvres, en nage, il arracha le minuscule string rose. Puis il enfourna d’un grand coup de rein. Il commença à pilonner.

- Han, si tu es bien sage, Han…

Cette étroite fente juvénile enserrant son large dard d’homme marié le comblait de plaisir.

- … tu auras, han…

Encore un ou deux coups et l’affaire serait dans le sac.

- … un vingt à la prochaine interrogation écrite !

Il déchargea en poussant un râle de bête.

- AAARRRRRRRR !!!

Apaisé, il se retira. La jeune fille avait perdu connaissance. Pas étonnant avec les coups de boutoir qu’il lui avait mis. Du sang maculait le membre ramolli du professeur ainsi que le haut des cuisses de l’adolescente. Après tout, cette petite garce n’était peut-être pas aussi expérimentée qu’il l’aurait cru. Tous les petits merdeux acnéiques du lycée pouvaient le remercier d’avoir défriché le terrain. Ils n’avaient plus qu’à se régaler en empruntant la voie ouverte par lui. Qu’on l’appelle le Magellan du détroit vaginal, le Marco Polo de la chatte.

Sur la droite du professeur, un brouhaha montait par une fenêtre ouverte. René Dubs regarda sa montre. La récréation touchait à sa fin, les élèves n’allaient pas tarder à arriver. René Dubs courut jusqu’à la fenêtre, l’enjamba, sauta dans le vide, bras et jambes écartés, le bigoudi à l’air.

Trois étages plus bas, il s’écrasa sur les pavés de la cour, un sourire béat sur le visage. Au moins une fois dans sa vie, René Dubs s’était comporté en mandrill.

*

Retrouvez cette nouvelle du Marginal Magnifique et beaucoup d’autres dans Histoires Sextravagantes.

2 Réponses à “Le mandrill”

  1. melodine.unblog.fr dit :

    bonjour,
    A mon époque, il y avait, des écoles de filles ou des enseignantes donnaient les cours et des écoles de garçons enseignées par des hommes. Nous aurions dû en rester là, car visiblement, les gens n’ont pas la maitrise d’eux-mêmes, et ne refoulent pas leurs pulsions.

    bonne journée à toi

    Nicole Oliver

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