La réunion

 

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écrit in situ

 

Autour de moi sont disposées toutes ces tronches en une ligne continue dont je fais partie

De cette succession de gueules plus ou moins inexpressives dessinant un carré

J’essaie de tirer des conclusions plus ou moins hâtives à partir de quelques détails

Un sourcil froncé sans conviction comme une bouche aux lèvres pincées

Sont autant de signes de leur physionomie pour percer leur psychologie

Et essayer de deviner si mes pseudo-collègues en ont autant rien à foutre que moi

Mais je ne crois pas que cela soit humainement envisageable et tenable

D’atteindre un niveau de désintéressement aussi intensément intense que le mien

Je suis posé sur ma chaise comme un meuble le serait depuis mille ans

Dans une vaste salle vide aux senteurs acres de renfermé

Seule la quantité de poussière se déposant sur mon être au gré de mon ennui

En fines couches successives délicatement ouatées mais incoercibles

Et qui ne sauraient tarder à envahir entièrement mon corps laissé à l’abandon

Me distingue peut-être de cette pauvre pièce de mobilier oubliée

Et éventuellement aussi ma capacité d’adaptation à ce genre de situation

Qui me permet de faire mine d’écouter et de comprendre les propos tenus

Alors que mon esprit vagabonde loin très loin en des limbes ignorés

La seule chose que je souhaite tandis que mon corps végète

Etant de me barrer vite fait bien fait afin de regagner mes précieux pénates

Mais surtout d’échapper à tout prix à cette torture orale et morale

Ce que je fais déjà faute de mieux en partie par le biais de ce poème

Non sans mérite car l’oratrice me casse sérieusement et activement les burnes

En m’empêchant de me concentrer à fond sur ce qui compte vraiment

C’est à dire l’écriture de ce qui fait présentement l’objet de cette lecture

*

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3 Réponses à “La réunion”

  1. biarnes dit :

    Bonsoir
    Lorsque « ça » me casse les pieds, je me déconnecte et je me réfugie ailleurs loin des faux jetons, des rumeurs, des on-dit et tout le reste. Je ne me laisse pas envahir par la morosité ambiante. Je me réconforte en me disant que la torture sera bientôt finie
    A bientôt
    Marie-Pierre

    Dernière publication sur LE KIOSQUE DES MOTS : B.P.C.O. : MOI AUSSI

  2. Titus dit :

    Ton écrit se lit comme un tableau. On voit la scéne et les sentiments que tu exprimes tel que l’ennui , l’évasion des pensées avec le masque de celui qui s’intéresse, sont presque tangibles. Je pense que nous avons tous vécu ce genre de situation. Bravo pour ton auto-dérision et ton introspection très lucide quant à ta façon de vivre cette réunion. On s’y croirait.

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